Lecture : Merlin
Le roman est beaucoup plus amusant et plus prenant que Joseph d'Arimathie. Merlin est un personnage bien plus sympathique que les bigots du roman précédent : s'il est assimilé à un nouveau Christ, il a un côté païen évident et trempe parfois dans de biens mauvais coups (par exemple dans la conception du roi Arthur). On apprend également l'origine de la Table Ronde, qui forme une nouvelle trinité avec la Cène et la table de Joseph d'Arimathie. Pour continuer sur mes commentaires de la religion à l'époque, j'ai appris en lisant les notes que Merlin était un roman antérieur à Joseph d'Arimathie. Peut-être est-ce une question de style de l'auteur, mais je trouve cela assez édifiant lorsque l'on compare le statut de la religion et des femmes. Le caractère fondamentaliste (au sens moderne) de Joseph par rapport à Merlin est évident : on sent l'influence (postérieure donc) d'un chistianisme culpabilisateur et épuré, qui n'est présent que sous formes de traces dans Merlin. Cela pose pas mal de questions à mon sens sur les évolutions historiques des religions. D'une certaine manière, la pratique du christianisme semble s'être radicalisée à cette époque alors même qu'il avait en quelque sorte bataille gagnée et supplantait les traditions païennes antérieures. A l'ouverture de notre siècle prétendûment "spirituel", c'est assez inquiétant, non ?



