Carnet du petit Tom : Physique, biologie et évolution...
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09 juillet 2007

Carte postale


Cher lecteur,
comme souvent, tu recevras cette carte postale bien après mon retour de vacances. Mais que veux-tu, c'est la loi du genre : aujourd'hui, les gens voyagent plus vite que les missives, surtout lorsque celles-ci doivent traverser les frontières. Il faut dire aussi que comme beaucoup, j'attends le dernier jour pour envoyer de mes nouvelles ...
Quoi qu'il en soit, j'ai mis ces quelques jours à profit pour remonter le temps et marcher sur les traces de nos ancêtres au coeur de la France (déjà ?) éternelle. Le climat et la géologie de celle-ci ont permis la conservation de nombreux vestiges, que nous pouvons admirer aujourd'hui de nos yeux ébahis.
Parlons donc de notre père à tous Cro-Magnon, portant le nom du lieu-dit où son squelette à été découvert aux Eyzies. Si l'on en croit la rumeur, "Cro" signifie en patois local "abri", quant à "Magnon", il semble qu'il s'agisse du nom de la personne ayant autrefois possédé ce lieu. Amusant, non ? Aux Eyzies s'est installé le Musée National de la Préhistoire, modernisé en 2004, et présentant de nombreux vestiges du passage de notre ancêtre. Si les explications sont parfois denses et obscures, le Musée présente de très pédagogiques films, et le débitage des lames de silex ou encore la fabrication de sagaie à base fendue en bois de cerf n'ont plus de secret pour moi. Les impressionnants graffitis de l'époque, dont certains très coquins, donnent aussi un aperçu des qualités artistiques de l'ancêtre.
Pour poursuivre cette plongée dans le passé, rien de tel que les peintures de Lascaux 2. La Chapelle Sixtine de la préhistoire est maintenant fermée aux visiteurs qui modifiaient l'écosystème de la grotte, abîmant sans le vouloir les peintures; mais une reproduction inaugurée dans les années 80 permet de se faire une idée de ce qui se tramait sous le crâne velu de Cro-Magnon. Un des meilleurs moments de ces vacances, assurément. Qualité technique des peintures (et de leur reproduction, on s'y croirait), beauté des représentations, utilisation astucieuse des reliefs locaux pour suggérer une croupe ou une jambe. Nul renne dans cette grotte mais des aurochs, chevaux, et une chimère gardienne des lieux, suscitant cette pensée énigmatique que notre guide attribuait à Claude Lévi-Strauss : il y a des animaux que l'on mange, d'autres que l'on pense... Une grotte qui vaut le détour.
Signalons également la Grotte de Pech-Merle, dans un style un peu différent. Mammouths velus, tête d'ours, dessins cochons et hommes blessés : on semble plus dans le quotidien que dans le religieux, et la technique est moins aboutie. Mais quelle émotion de visiter la grotte originale !
Voilà pour ces quelques vacances; tu l'auras compris, je n'ai pas beaucoup bronzé et j'ai attrappé froid dans toutes ces grottes, mais cela m'a permis de bien me ressourcer loin d'internet et de mes simulations informatiques !

27 juin 2007

Vacances

Je pars bientôt en vacances pour dix jours. Je suis bien cramé, j'ai besoin de complètement déconnecter. Avant de partir, j'ai pas mal de boulot, donc probablement pas de billets trop constructifs avant ma reprise, mi-juillet au plus tôt. Cela ne m'empêchera pas de suivre l'actualité, et en particulier la réforme de l'université.
Merci à tous les lecteurs de ce blog, et bonnes vacances !

05 juin 2007

Lassitude du post-doc après les concours

Le verdict est tombé, je suis rentré bredouille cette année et resterai en post-doc. Comme l'an dernier, j'ai été parfois classé, mais toujours du mauvais côté de la barrière.

J'ai déjà bien critiqué dans ces pages les concours de recrutement. Cette fois-ci, j'ai vraiment senti l'odeur des petites cuisines politiques, l'odeur d'un certain mépris pour les candidats (lapsus révélateur, j'avais écrit étudiants). Ah cette histoire terrible de la commission de "spécialistes" ayant convoqué un expérimentateur du bout du monde pour être auditionné sur un poste ... de théoricien ! Parfois le sentiment que nous ne sommes là que pour "faire du chiffre", que l'image des labos dépend du nombre de candidats et que donc ceux-ci sont parfois prêts à tout pour que vous candidatiez chez eux ... pour à la fin soutenir un autre candidat en vous disant le contraire.

Plus généralement, mes perspectives scientifiques en France me semblent troublées. Oui, je m'intéresse à l'interface physique-biologie, oui, la dernière fois que j'ai écrit un Lagrangien, j'étais en DEA, et oui, dans mon domaine, on publie très peu, moi le premier malheureusement. Mais ma dernière publication de thèse est typique "système dynamique", je m'intéresse à la morphogenèse en biologie, et j'essaie plus généralement de développer de vraies approches quantitatives dans un domaine quasiment vierge théoriquement. Alors, quand on me demande dans une audition "quel est l'intérêt de ce que je fais pour la physique ?", je tombe des nues. Je ne savais pas qu'il y avait un indice de pureté disciplinaire, que le corporatisme s'exerçait à l'intérieur des disciplines. Je ne peux m'empêcher de pester contre tous ces profils généraux, ouverts à tous, ce qui entraîne une masse de candidats, des commissions de spécialistes incompétentes dans tous les sujets "à la marge", et qui, par calcul ou par "sécurité", se retrouvent sur des critères un peu absurdes pour sélectionner. Ainsi, mieux vaut-il être troisième auteur d'un papier de Science que premier auteur d'un PNAS...

Sentiment d'absurdité. Des sacrifices personnels énormes (trois ans sans ma femme - et je ne suis pas le seul), après des études longues et difficiles, et des choix qui paraissent rétrospectivement un tantinet idéalistes - j'ai bien bradé mon parcours en école d'ingénieur. Un certain étonnement devant la légéreté de la plupart des chercheurs en place, qui mettent un petit mouchoir sur la masse des étudiants bien pratiques pendant leur thèse, mais qui se retrouvent dans la nature après des années consacrées à la recherche académique. Pas tous bien sûr; en ce qui me concerne, j'ai la chance d'avoir un directeur de thèse sympa qui me remonte le moral et m'encourage - mais c'est loin d'être la règle. Vous me direz peut-être que j'ai bien bénéficié du système méritocratique à la française jusque maintenant, et que je suis un peu hypocrite de m'en plaindre. Ce n'est pas entièrement faux, mais contrairement à la prépa ou à l'école d'ingé, c'est la première fois que j'ai le sentiment que l'échec serait dur à surmonter, qu'en dehors de la voie toute tracée, nous serions dans les limbes.

Maintenant que faire ? J'aime bien ce que je fais, j'y crois, et je ne crois pas être mauvais, donc l'option "tenure track" est à étudier. Mais ne devrais-je pas plutôt me recycler ? Dans ce cas, ne suis-je pas déjà hors course du fait de mes intérêts scientifiques un peu originaux ? Tant d'amis utilisant leurs compétences dans la finance ou ailleurs... Je rêve aussi d'écrire, de développer les sujets abordés sur ce blog, de vulgariser, d'enseigner. Mais se pose bien vite le problème de la localisation géographique : à bientôt 30 ans, aucune envie de passer des années loin de ma femme...

Je fais une dernière année en post-doc, j'ouvre grand les oreilles à toutes les possibilités, et l'an prochain probablement, je bouge.

07 avril 2007

Résurrection pascale

Hasard du calendrier, trois jours après son décès, Nausicaa est réssucitée ! J'ai plongé dans les entrailles de la bête, identifié et changé la pièce deffectueuse, et c'est reparti !
Espérons maintenant que l'esprit saint me visitera la semaine prochaine ;)

06 mars 2007

Demande de bourse pour un post-doc

Quelques champs à remplir dans une demande de bourse en France :

Nom :
Prénom :
Date de Naissance :
Profession des parents :
...
Ressources financières : Aide des parents :
...
Directeur de thèse :
Numéro de portable du directeur de thèse :

C'est sympa, on ne se sent pas infantilisé du tout. Et oui, si vous avec 28 ans, êtes bardés de diplômes et voulez faire de la recherche relativement de haut niveau, une seule solution : empruntez de l'argent à vos parents, et surtout, soyez bien avec votre directeur de thèse !

A part ça, le blog restera probablement silencieux cette semaine, vu que je ne suis pas sûr d'avoir une connexion internet avant lundi prochain.

17 janvier 2007

Breaking news...

Avec trois jours de retard, un peu la tête dans le guidon le Roud...


Félicitations Titechofie et son Homme !
Et welcome to Esther !


Plus de détail chez les gros manches ...

06 janvier 2007

Janvier, mois chargé

Peu de posts ces temps-ci. Comme beaucoup, je suis un peu débordé. Il faut dire que nombreux sont les chercheurs qui, rentrant tout juste des fêtes, voient approcher des deadlines cruciales. Les Américains sont en ce moment en pleine demande de grants (mon chef m'a demandé en toute urgence de lui faire quelques figures sur notre dernier projet qui tue, tandis qu'un collègue post-doc m'a demandé quelques informations sur un de mes papiers pour un de ses projets).
Le chercheur français expatrié souhaitant toujours rentrer, se consacre lui à la constitution des dossiers CNRS. Deadline : 15 janvier 2007. Rien de plus facile que de candidater au CNRS de prime abord : il suffit de fournir une copie de votre diplôme de thèse, le rapport de votre jury, un exposé de vos travaux. Vient ensuite le gros morceau : le projet de recherche. Pour déposer un projet de recherche, il faut d'abord trouver un labo d'accueil qui accepte de vous "soutenir". L'étape est déjà difficile, car en général vous n'êtes pas seul sur le marché, et puis tous les labos n'one évidemment pas le même poids. Ensuite, vous devez donc rédiger un programme de recherche qui s'intégrera bien dans le labo. J'ai personnellement toujours trouvé un peu absurde d'essayer de deviner la recherche qu'on va faire... il s'agit plutôt de décrire ce que vous comptez étudier, pourquoi vous pensez que c'est faisable, quels outils vous allez employer et quelles perspectives potentielles vos travaux ouvrent. Le CNRS dispose depuis peu d'un site web très bien fait pour "uploader" vos documents, ce qui facilite bien les choses pour nous autres post-doc...

Si votre dossier est complet, vous serez auditionné. Il n'y a aucune sélection à ce stade : tous les candidats sont auditionnés, au nom de l'égalité devant le concours. Cela donne lieu à des situations un peu difficiles, pour les examinateurs comme pour les candidats : il n'est pas rare que 90 candidats soient auditionnés pour un ou deux postes. Du coup, vous n'avez en général que 15 à 20 minutes pour présenter à la commission vos travaux passés et vos projets. L'exercice est d'autant plus perilleux : on dit en général que, s'il est impossible de convaincre en 15 minutes votre auditoire que vous êtes LE jeune et brillant chercheur nécessaire au CNRS, l'audition peut en revanche vous être fatale... Il faut laisser bonne impression, sachant que vous avez peu de chances d'être pris et qu'il s'agit plutôt de poser des jalons pour les années suivantes. D'ailleurs, certaines sections ont (paraît-il) décidé de ne pas jouer le jeu, et de se baser uniquement sur les dossiers scientifiques : l'audition se résume alors à une signature du candidat sur un document. Petite précision à ce stade : les frais de déplacements pour venir passer l'audition sont de votre poche; et la préparation de ces quinze petites minutes est très chronophage. Certains préfèrent donc faire l'impasse sur les auditions et attendre une période plus propice ou un CV plus fourni : choix raisonnable, mais le risque est que les gens en France vous oublient...
Tout cela pour vous dire que c'est bien malgré moi que je suis silencieux ces temps-ci; je me consacre à ces projets très importants pour mon avenir professionnel...

13 décembre 2006

Message à caractère informatif

Depuis que le c@fé des sciences est ouvert (en interne d'abord, depuis peu au "public"), je culpabilise un peu devant la qualité et la quantité des billets postés par mes collègues cafetiers. Je lis tellement de choses intéressantes que :

  • je passe beaucoup plus de temps à lire les autres, à élaborer des commentaires avant de tout effacer devant l'inanité de mes raisonnements, si bien que j'ai moins de temps pour blogguer ici

  • je culpabilise à l'idée de parler de choses plus légères. Mon petit délire plein d'équations était peut-être une réaction à cela, une façon de me rassurer en revenant à ma formation initiale. D'ailleurs, cela n'a pas eu beaucoup de succès...

Afin de relâcher la pression, ce petit billet contiendra quasiment uniquement des informations sur moi-même, ma vie, mon oeuvre; bref tout un tas de choses totalement inintéressantes. Sachez donc, chers lecteurs, que :

  • Depuis ce matin j'ai internet chez moi. Après plus d'un an d'attente et d'espoirs déçus, j'ai sauté le pas. Merci Road Runner !

  • J'ai récemment changé d'employeur tout en restant à la même université. Un mic-mac pas possible de mon boss qui a de l'argent ailleurs et voulait me payer dessus. J'ai donc dû me retaper tout un tas de formalités administratives bien embêtantes. J'ai par ailleurs découvert un nouveau trait agaçant chez les Américains : plutôt que de vous aiguiller sur la bonne personne ou reconnaître qu'il ne peut vous renseigner, ou qu'il est débordé, l'employé américain soumis à une requête hors de ses compétences fait le mort. Vous avez beau relancer par mail, venir mettre la pression physiquement, rien à faire : j'ai l'impression que les Américains préfèrent ne rien dire plutôt que reconnaître leur incompétence (qui peut être tout à fait justifiée). Je regrette l'administration des impôts français qui est obligée de vous répondre très gentillement ...

  • Professionnellement je suis débordé. J'essaie de finir quelque chose très vite pour m'éviter une mésaventure de ce type... (en fait, c'est surtout cela qui explique mon rythme de publication assez bas ces temps-ci)

  • J'ai lu dans Nature qu'amazon vendait du temps de calcul ! Ils ont des serveurs tellement puissant qu'ils ont décidé de fournir des "machines virtuelles" permettant de faire tourner de vraies simulations numériques à très grande échelle. "Virtualization is revolutionary", dixit l'article. Quelqu'un sait-il comment accéder à ce service ? j'ai cherché vainement...




16 novembre 2006

Scientists crossing...

Cela fait plusieurs mois que je passe devant cet étrange panneau, non loin de mon université. J'aime beaucoup l'allure à la fois décidée et concentrée du scientifique, et suis effrayé de cet avertissement destiné à nous éviter le tragique destin du génial Ramanujan.

D'ici quelques jours en tous cas, je vais changer d'échelle et traverser non pas une rue, mais l'Atlantique lui-même pour passer une dizaine de jours en France pour le travail. Autant dire que l'activité de ce blog s'en trouvera nécessairement ralentie, car je ne dois pas chômer. Malheureusement, je ne pourrai donc pas m'adonner à la terrible procastination, tant vantée par Jorge Cham, qui viendra donner une conférence à l'académie new yorkaise des sciences pendant mon absence.

10 novembre 2006

Blog et politique des deux côtés de l'océan

Un ami, lecteur et commentateur assidu de ce blog à ses heures perdues, me demandait récemment mon sentiment sur la victoire démocrate américaine. J'étais certes content pour eux, mais lui répondais aussi que, honte sur moi, je ne suivais que de très très loin la politique locale. Il faut dire qu'elle n'est pas d'un niveau très reluisant, entre le "Macaca" de George Allen (qui n'est pas juif car il mange des côtes de porc) et le puritanisme du pourtant démocrate Harold Ford (qui a peut-être eu des relations sexuelles avec une blanche alors qu'il est noir - contrairement à ce que laisse penser sa photo). Je n'aime pas beaucoup cet aspect communautaire de la politique et de la vie en général ici.

En revanche, je suis de très près la politique française (j'ai hâte de voter au consulat de New York, et regrette bien d'avoir raté les quelques soirées organisées pour recevoir nos "candidats" ;) ). Je ne vais pas me transformer en blog politique, certains font cela très bien, mais bon, force est de constater que nombreux sont les blogueurs "citoyens" au sens large... J'ai par exemple consulté avec intérêt le sondage politique récemment paru sur le site web de Marianne. Tous les détails sont disponibles en cliquant ici. Pour la première fois, j'ai regardé en détail les résultats d'un sondage et j'ai été très surpris de constater les différents biais dans la population par rapport à la moyenne, biais qu'on pourrait qualifier de "culturel" ou de "communautaire" en fonction de la catégorie considérée. Car on s'aperçoit que, sauf exception, le biais majeur par rapport à la moyenne n'est pas la profession (comme on pouvait le penser à première vue, dans une perspective un peu marxiste ;) ) mais bien l'âge ou le sexe. Par exemple, si autant d'hommes que de femmes sont prêts à voter pour Ségo au premier tour, 37% des femmes contre 23% des hommes sont prêts à voter Sarko ! Clairement donc, Sarkozy séduit littéralement les femmes et repousse au contraire les hommes. Côté âge, Ségo fait un tabac chez les jeunes (49% des 25-29 ans), tandis que Sarkozy plaît beaucoup à vos grands parents (48% des plus de 75 ans). La corrélation jeune=Ségo et vieux=Sarko est très claire quand on regarde la progression des intentions de vote par tranches d'âges, excepté pour les 18-24 ans qui, en gros, préfèrent à Ségo... Le Pen . Tout ça me paraît bien effrayant, et me donne bien envie de connaître un peu plus de sociologie...

06 novembre 2006

Avoir Internet dans l'upper East Side ....


A mon arrivée à New York il y a un an, je me disais qu'il me serait impossible de vivre sans Internet, que je ne pourrais jamais me passer de ce lien génial et indispensable avec la France. Les responsables de mon immeuble m'avaient alors garanti que d'ici à quelques semaines, tous les appartements seraient connectés à internet via l'université...

Un an après, la situation est totalement bloquée. En allant renouveler mon bail, sans surprise, j'ai appris que l'université avait renoncé et que je n'aurais jamais internet chez moi. Seulement le gros problème est que c'était l'un de mes seuls espoirs : aux Etats-Unis, à New York, à deux pas de Central Park et des Nations Unies, il n'est toujours pas possible d'avoir l'ADSL, comme le prouve la capture d'écran ci-contre. Et dans le temple mondial du capitalisme, impossible de faire jouer la concurrence à première vue : verizon est ici en position de monopôle local pour le téléphone.



Vous avez dit concurrence ? Ah oui, quand je suis arrivé, on m'a remis une feuille avec le nom des deux entreprises à contacter pour avoir respectivement le téléphone et le câble (oui, ici, les monopôles sont privés bien sûr). Verizon, donc, est hors course pour internet, après un an, j'en ai assez, je vais prendre internet sur le câble. Je me connecte donc chez Time Warner et consulte les informations sur leur plan Road Runner à 45$ par mois.

Tout commence bien : le câble est disponible dans mon immeuble, a priori c'est champagne. Sauf que en voulant faire la commande par internet une mauvaise surprise survient. Comme le prouve l'image ci-contre, avant de pouvoir commander son modem, il faut absolument cocher la case

"My computer meets the minimum system requirements."


"Requirements" en question qui sont :

Operating System Windows 98, 2000/ME/XP; Pentium-class 400 MHz processor; 64 MB RAM; 110MB of free hard drive space

MAC: System 9.x and higher; PowerPC; 32MB physical RAM w/Virtual Memory set to 40 MB; 30 MB free hard disk space


Et oui, je l'ai encore dans l'os étant sous debian linux. Autrement dit, je suis obligé d'avoir Windows ou un Mac pour pouvoir me connecter sur Internet à New York. Aux Etats-Unis, le pays le plus libéral du monde, j'ai donc eu successivement affaire à deux monopôles : celui du téléphone est incapable d'avoir des lignes en état pour fournir l'ADSL, celui du câble vous oblige par contrat à avoir certains systèmes d'exploitation pour pouvoir surfer sur le web.

Le pire est que contrairement à la France où j'avais pu sans problèmes télécharger tous les drivers de mon modem adsl sous linux, je ne trouve pas la moindre information sur le web ici pour configurer tout comme il faut.

Comme j'en ai ras-le-bol de ne pas avoir internet à la maison, je suis donc obligé de me lancer comme périodiquement dans de charmantes et agréables geekeries. Objectif : réinstaller windows sur une partition abritant une vieille Mandrake qui me servait en cas de défaillance de ma debian (chat échaudé craint l'eau froide). Comme je commence à avoir l'habitude de de genre d'exercice, la première étape consiste à ramasser le maximum d'informations pour savoir comment je vais réussir à réinstaller GRUB sur mon disque une fois que l'ogre Windows aura fait place nette sur mon MBR. J'ai maintenant Knoppix, une live CD de debian et un CD d'installation de Debian pour avoir le mode Rescue. Je vais bientôt tester le mode rescue pour voir comment se passe la réinstallation du GRUB. Après cela, installation de Windows XP (Arghhhhh!!!). A priori, si tout va bien ensuite restauration du GRUB et nouveau dual-boot, et à moi l'internet. Prions mes amis prions...

Edit 22:22 : c'est la berezina ! il faut que je reinstalle tout ! scrogneugneu....

Edit 7 Nov, 18:32 : bon, ça a l'air de remarcher à peu près correctement, modulo les problèmes classiques à chaque réinstallation (carte son à reconfigurer, souris USB non configurée) plus quelques nouveautés (skype et xfig buggés...). Heureusement, maintenant, j'ai mon dual boot !

25 octobre 2006

Intermède sans intérêt sur le chauffage new yorkais


Après une période assez peu biologique et avant de nouveaux posts sérieux plus proches de mes préoccupations scientifiques actuelles, un petit intermède consacré à ma vie new yorkaise pour vous annoncer avec fierté que j'ai finalement compris comment fonctionnait le chauffage ici, ce qui m'a permis de régler mon problème chronique de chauffage. Cela n'a pas été une sinécure...

En arrivant dans mon appart new yorkais en Octobre dernier, j'ai tout de suite eu très très chaud. Je me suis donc penché sur mon radiateur, qui ressemble de l'extérieur à un gigantesque parallélépipède blanc surmonté d'un contrôleur (nommé boîte noire ci-dessus). Pas de prises électriques, pas de boutons on/off, rien, impossible de savoir comment il marchait. Malgré tous mes efforts et mes tripatouillages de thermostat, je n'ai jamais pu redescendre la température. A tel point que j'ai passé l'hiver la fenêtre ouverte (compte-tenu de la rudesse de l'hiver new yorkais et du bruit permanent à l'extérieur, je vous laisse imaginer à quel point il faisait chaud chez moi). Il se trouve par ailleurs que je connais la post-doc chinoise qui occupait mon appartement précédemment. Lui ayant expliqué la situation, elle m'a expliqué qu'elle avait passé l'hiver à peu près nue dans son appartement et que de toutes façons on ne devait absolument pas couper les radiateurs, car selon elle cela couperait le chauffage dans tous les appartements situés au-dessus (je suis au 4e étage), et que donc mon seul choix était de mettre à fond la clim tout l'hiver (ce qu'elle faisait très écologiquement).

Toujours est-il qu'au printemps dernier, je commençais à suer à grosse gouttes devant l'été arrivant et à imaginer la compétition intéressante qui allait avoir effectivement lieu entre mon radiateur et mon climatiseur (les deux appareils ne faisant en fait qu'un). Par bonheur, naïf que j'étais devant ce gros parallélépipède imbriqué dans le mur et contrairement à ce que je pensais, le chauffage n'était pas électrique mais bien central et a été coupé autour du mois de mars. Au printemps, les responsables de l'immeuble sont venus inspecter les appareils et ont laissé mon climatiseur/radiateur démonté pendant un mois. J'ai pu ainsi voir l'intérieur de la bête et constater qu'il s'agissait ni plus ni moins d'un vulgaire empilement d'une grille faisant office de radiateur sur un ventilateur et sur un climatiseur. Le climatiseur a ensuite bien fonctionné tout l'été (modulo une super condensation dans l'appart du dessus qui s'est traduit en chute d'eau dans mon salon qui a massacré le parquet, refait en plein milieu de l'été en mon absence heureusement).

L'automne arrive, et il y a quinze jours, le chauffage se remet en route. Je me remets à suer. Un jour, mon chat parvient à se glisser dans la grosse boîte (vous pouvez voir le chat et la grosse boîte en question en arrière-plan ci-dessous). Je démonte donc le capot avant et peux de nouveau apprécier la vision de la bête. Résigné depuis longtemps, je laisse le capot ouvert par paresse.


Il y a deux nuits je suis réveillé par une note continue et puissante qui n'était pas sans rappeler la musique émise par les soucoupes volantes dans "Rencontre du 3e type". Mon coeur bondit dans ma poitrine : c'est donc vrai, il y aurait plus d'enlèvements par les aliens aux US que chez nous ! En fait mon esprit de physicien reprend vite le dessus : je venais d'assister à un phénomène somme toute banal observé par Huygens en son temps. Les tuyaux de mon radiateur semblaient être entrés en résonance avec le gros ventilateur qui tourne en permanence dans la cour extérieure de mon immeuble. Que faire devant ce boucan innommable ?

La moitié du chemin était heureusement déjà faite. Les entrailles du monstre ouvertes, je décidais d'utiliser enfin mon cerveau encore un peu embrumé et constatais après examen l'existence d'une petite molette et d'un boîtier sur le tuyau de sortie. Tournant la molette, je m'aperçus que l'arrivée d'eau se tarissait, que les tuyaux se vidaient et que la vibration disparaissait. Je faisais d'une pierre deux coups : adieu boucan, adieu hiver sous les tropiques, bonjour doudounes et chocolat chauds ! Je reprenais alors le boîtier de contrôle mystérieux pour m'apercevoir que le thermostat contrôlait un petit moteur électrique en aval. Celui-ci tournait à vide, m'indiquant pourquoi je crevais de chaud depuis un an et me confirmant la supériorité de la formation universitaire française sur celle des Chinois. Je maudis par ailleurs plus que jamais la paresse typiquement américaine qui consiste à foutre dans de grosses boîtes effrayantes reliés à des contrôleurs peu fiables des appareils d'usage courant très simple qu'on gagnerait à régler mécaniquement par soi-même...

08 octobre 2006

Evolution du blog

Je suis en train de basculer sur le "nouveau" blogger. Pas mal de choses ont été ajoutées, notamment la possibilité de mettre des labels sur les billets. Je suis en train d'indexer tous mes anciens posts, cela va prendre un peu de temps, mais en attendant, vous pouvez déjà consulter sur une même page une partie de mes billets sur la biologie, la génétique, la recherche, la physique, l'Intelligent Design, voire le foot ! J'ajouterai les nouveautés à venir dans ce billet.

Ajout 8 Octobre : indexation terminée, template corrigé, ajout d'une liste des labels fréquents dans la colonne de gauche

Ajouts 10 Octobre : changement de style. J'aime bien le nouveau !

29 septembre 2006

Vendredi après-midi

Très très calme aujourd'hui :
- mon chef est parti visiter une autre université pour trois semaines,
- mes (rares) collègues de bureau sont partis en week-end à la pause déjeuner,
- il y a un séminaire avec cookies (et rafraîchissements) en plein milieu de l'après-midi.
- les mails désirés et attendus n'arrivent pas...
Bon, en même temps j'ai du travail...
Néanmoins, pour "profiter" de cette ambiance apaisante, je me suis mis à faire de la biblio. Il faut dire que je me suis par miracle retrouvé abonné à Nature (personne ne sait qui a payé mon abonnement, il est probable que je sois abonné gratuitement, quelle organisation !) et donc chaque semaine je reçois ma petite revue. Y'a pas à dire, lire un article sur du vrai papier dans un vrai journal, ça change la vie. Vive Nature !
Sinon, je suis content de ma semaine, j'ai mené une chasse au bug efficace. Je fais souvent mes simulations en double pour vérifier, avec des algorithmes et des langages différents. Ayant des résultats différents pour une simulation précise, j'ai craint pour ma réputation de scientifique et pour le projet qui est plus ou moins en train d'aboutir. Heureusement, après une traque acharnée, je me suis aperçu que les différences étaient artificielles : un 0 puissance 0 valait 1 pour matlab et 0 pour mon code C (à cause d'arrondis). L'honneur est sauf, et vive le numérique ! C'est ce qu'on appelle dans le jargon scientifique, le "miracle du vendredi"; il est d'habitude de bon ton de partir en week-end sur cette note positive...

13 septembre 2006

Perl et moi

Je fais la plupart de mes simulations en C++.
Je trace des courbes sous gnuplot une centaine de fois par jour.
J'ai récemment découvert Matlab, et en suis totalemen fan (c'est très pratique pour faire du traitement d'image, des simulations numériques vite-fait bien-fait et des zolis films à glisser dans les présentations power-point... euh latex-beamer je veux dire).
Je fais mes figures roudoudesques sous xfig.
Je maîtrise même quelques secrets de mplayer et mencoder.
J'écris un peu moins régulièrement des scripts shells, mais je maîtrise à peu près.
Mais voilà...
Je crois que j'ai un problème avec Perl. A peu près tous les trois quatre mois, au détour d'un projet, je me retrouve à devoir traiter de façon systématique des tables données. Perl est alors tout indiqué. Le problème, c'est qu'en deux-trois mois, j'ai eu le temps d'oublier toute la syntaxe (assez obscure il faut bien le dire), tout pollué que je suis par les autres langages. Encore une fois, cet après-midi, il va falloir que j'exhume mon "Introduction to Perl" (honteusement piqué à ma môman, désolé maman...) aux fameuses éditions "O'Reilly" pour ré-apprendre la syntaxe de Perl... Mes vieux programmes aidant, peut-être un jour maîtriserai-je totalement cet outil !

01 septembre 2006

Big finger

La reprise est active, plein de choses à faire, mais pas trop le temps d'écrire sur mon blog, désolé (j'ai pourtant de la matière en ce moment)... Cela ne risque pas de s'améliorer la semaine prochaine je le crains, mois de Septembre oblige. En attendant, je viens de réaliser un effet pervers de l'utilisation de la commande "finger".
Mode parano on
Logguez-vous sur la machine de vos collègues (ou plus pervers de votre patron), et tapez finger + nom du collègue. Vous aurez un compte rendu détaillé de ses activités récentes : mail, dernier log in... Par exemple, le matin, vous pouvez savoir à quelle heure le mail a été regardé pour la dernière fois, et savoir donc à peu près l'heure de départ (ou d'arrivée) du collègue en question, ou savoir s'il a bien lu le mail hyper urgent que vous lui aviez envoyé et auquel il n'a toujours pas répondu (malgré le fait qu'il ait lu son mail trois fois entre temps !!!). C'est horrible et pervers, nous sommes vraiment sous surveillance...
Mode parano off


Ajout 12 Septembre : je viens de voir en direct mon chef réaliser cette manip pour savoir si son étudiant avait lu son mail récemment... c'est horrible !

28 août 2006

Etre post-doc aux Etats-Unis...

... n'est pas toujours de tout repos ! Voir cet extrait du "NatureJobs" de la semaine dernière (numéro du 17 aout, un article sur la compétition entre labos):

Bruce Beutler, an immunologist at the Scripps Research Institute in La Jolla, California, agrees, noting that he often tells graduate students to hurry up on projects he knows are in a race with another group. He points out that working weekends means you are putting in 40% more effort than someone working only weekdays. "In a foot race, it never gets to be 40% apart — someone wins by just a few steps. People should really put everything in that they can," he says. Staying extremely focused is what led his group to be the first to show that a class of mammalian receptors sense bacterial invaders.

Je n'aimerais pas trop être post-doc dans ce labo... J'avais déjà été un brin surpris par cette propension locale à "quantifier" son travail ou son efficacité au travail à coup de pourcentage (genre "aujourd'hui, je suis fatigué, je ne travaille qu'à 75-80% de mes possibilités"), mais là ...

26 août 2006

Reprise

Et oui, c'est la rentrée...
Vacances reposantes, suivies d'une conférence passionnante, qui suscite une petite série de billets qu'on pourrait intituler "la petite boutique des horreurs de l'évolution". A suivre ces prochains jours !

04 août 2006

Vacances

Je suis maintenant officiellement en vacances pour une dizaine de jours. Au programme, plongée dans la nature américaine pour se laver la tête de la vie new-yorkaise. Youpi ! J'enchaîne ensuite avec une conférence... En passant, ce blog aura bientôt un an (108 billets). C'est une bonne moyenne je trouve !
RDV fin Août - début Septembre (sauf si je cède à la tentation et trouve une connexion internet d'ici-là ! )....

02 août 2006

American TV


Logeant actuellement à l'hôtel, j'ai l'occasion de découvrir pour la première fois les joies de la TV cablée américaine. Une expérience incroyable...
Je crois qu'il n'y a pas d'expérience plus pénible pour un Européen que d'essayer de suivre une émission ou une série télévisée aux US. Considérez toutes les petites coupures, et autres interruptions dans le rythme de votre sitcom préférée. Imaginez maintenant que s'y glissent à chaque fois 5 minutes de pubs. Un cauchemar ! Comme tout bon européen, il vous faut alors débrancher votre cerveau (au choix en prenant un livre, en zappant, ou en faisant toute autre activité distrayante). Vous risquez de manquer la reprise du programme, mais cela vaut mieux.
L'Américain moyen, quant à lui, aime la pub (il me l'a confirmé). Bercé depuis sa plus tendre enfance par le rythme régulier des annonceurs publicitaires, l'Américain moyen peut s'enfiler des tunnels publicitaires sans sourciller. On dirait qu'un étrange processus d'acclimatation/d'adaptation (prélude à une future spéciation ? :) ) a eu lieu, qui permet aux Américains de rester scotchés devant le téléviseur quoi qu'il arrive. Mieux, l'Américain moyen recherche, attend la pub. Elle le distrait, colore le programme. A tel point que si la finale du super Bowl fait une audience si importante, c'est paraît-il parce qu'elle est l'occasion du lancement des toutes nouvelles campagnes publicitaires...
Au milieu de ce gloubi-boulga commercial, il est néanmoins possible en cherchant bien de dégoter quelques perles. Par exemple la sitcom Seinfeld, sorte de monument culturel de l'Amérique des années 90 mystérieusement assez peu connue chez nous, source d'expressions et de citations passées dans le langage courant. Très drôle et très bon...
Mais les émissions qui m'ont le plus fascinées se terrent en fait sur Comedy central, à partir de 23h. Se succèdent alors deux OVNIs télévisuels (pour le français moyen), j'ai nommé "The Daily Show" et "The Colbert Report". En regardant ces deux émissions, on comprend à quel point la TV française est coincée, mal à l'aise, et vraisemblablement soumise au pouvoir politique. "The Daily Show" est un talk-show satirique, émission d'humour politique à la fois drôle et pertinente. Rien à voir avec l'humour un peu méchant ou donneur de leçon des émissions françaises (type Guignols ou Vrai journal) : c'est beaucoup plus drôle, léger, et en fait beaucoup plus percutant. Quant au Colbert Report... Imaginez une sorte de Brave Patrie télévisuel... Colbert joue au néo-con républicain, insulte les "liberals" (la gauche, quoi) coupables de trahison, modifie en direct des notices wikipedia concernant les sujets sensibles (dégradation de l'environnement, réchauffement climatique), fustige les médecins "uncool" qui ont inventé un vaccin empêchant la tolérance à la nicotine... J'aime beaucoup !

Edit 3 août : Ah la la... Même en regardant la TV et sans le vouloir, je suis à la pointe de l'actualité geek !