Carnet du petit Tom : Physique, biologie et évolution...

21 mars 2007

Vote électronique et fraude

On m'a signalé ce site, luttant contre le vote électronique :
http://recul-democratique.org/

Il y a des films de démonstration de fraudes; c'est assez effrayant. De la même façon, on peut assez facilement savoir pour qui vous votez en temps réel en captant les ondes radio émises par la machine.

Je ne peux que souscrire à ce genre d'arguments :

Dans une élection traditionnelle, pour limiter le risque de fraude, il suffit de surveiller les urnes le jour de l’élection (et quelques jours après s’il y a des litiges). Mais les ordinateurs de vote, c’est en permanence, à longueur d’année et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qu’il faut les surveiller, comme l’explique l’informaticien Pierre Muller [2] : « On a beau mettre sous clé l’ordinateur de vote dans les jours qui précèdent les élections, la machine peut être piratée à tout moment, par exemple six mois ou un an avant le scrutin. » Une telle surveillance étant quasi impossible, il suffit d’avoir la clé du local des ordinateurs et la complicité d’un informaticien, et hop, je t’embrouille. Ni traces, ni soupçon, ni contestation possible. De plus, poursuit Pierre Muller, « les composants informatiques sont standards et programmés à l’identique sur toutes les machines. Il suffit d’en modifier un, de le dupliquer, d’en préparer un lot à l’avance qu’il suffirait d’installer dans les ordinateurs de vote et toutes les conditions sont réunies pour une fraude massive ».


Deux trucs que je ne comprends pas bien :
- on est nécessairement obligé de reprogrammer la machine à chaque élection (vu qu'on ne vote pas pour les mêmes à chaque fois), qui s'occupe de cette programmation ? Comment être sûr qu'il n'y a pas de fraudes au moment de la reprogrammation ? L'avantage de l'urne transparente et des assesseurs des différents partis politiques, c'est que là au moins, il y a plusieurs témoins, ayant des intérêts divergents qui doivent s'équilibres,
- même sans intention de fraudes, on peut laisser des bugs dans des programmes. Après chaque programmation, j'espère que quelqu'un vérifie les programmes. Et vérifie au sens mathématique : il faut être absolument sûr que la machine donne réellement le résultat, quel que soit la séquence des votes. Je pense qu'il y a des méthodes standards (encore que ces méthodes sont nécessairement approchées, puisque la prédiction de l'issue d'un programme est il me semble indécidable, cf ce billet). Peut-être un informaticien peut-il m'éclairer, mais comment fait-on pour vérifier de tels programmes ? Le fait de savoir a priori si la machine donne le bon résultat quelle que soit la séquence des votes est-il mathématiquement décidable ?

Le "bêtisier" des partisans du vote électronique est lui aussi assez gratiné...

7 commentaires:

Enro a dit…

D'après ce même site (dont j'avais signé la pétition en début de semaine !), la machine fournit la somme de contrôle permettant de s'assurer que le résultat est conforme. Mais comme le fait remarquer Pierre Muller, "cela revient à demander à un programme, possiblement malveillant, s'il est authentique. Celui-ci se débrouillera pour répondre : oui !, ce qui, convenez-en, n'est pas une preuve d'honnêteté"...

blop a dit…

rien a voir
mais a diffuser au cafe des sciences

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-885405,0.html

Tom Roud a dit…

En l'occurence, il y a ses quelques lignes , qui ont plutôt un rapport avec le billet précédent :

"Elle juge en revanche d'un bon oeil la diversification des parcours des jeunes chercheurs, dont le modèle unique n'est plus le recrutement précoce sur un poste statutaire. Mais il est à ses yeux nécessaire de mettre en oeuvre "une gestion prévisionnelle des emplois". "


Gestion prévisionnelle des emplois... Il y autait tant à dire (règles du jeu un peu opaques, effets de modes, changement des règles du jeu qui changent complètement la philosophie du système...)

T.W. a dit…

Moi c'était la partie : "dont le modèle unique n'est plus le recrutement précoce sur un poste statutaire" qui m'avait fait rire (jaune cela va de soi).
Je vois la trentaine approcher, le poste "statutaire" s'éloigner (oui en ce moment plus je m'enfonce dans le post doc plus on me demande d'en faire encore avant de pouvoir prétendre...) et avec lui l'idée de vivre dans le même appartement que mon mari. J'aimerai vraiment que la personne qui a écrit cette ligne dans ce rapport m'explique en quoi c'est une bonne chose ?
A moins que ce ne soit un moyen d'empecher les chercheurs de se reproduire :)
Désolée d'avoir continué dans ce hors sujet

Tom Roud a dit…

Salut t.w.
je suis bien d'accord avec toi. Cette partie m'a fait bondir moi aussi. Et les autres post-doc français de ma connaissance ont eux aussi été frappés.
Pour être honnête, je crois que cela mériterait presque de se fendre d'une réponse au Monde.

david a dit…

Disons que compare aux Etats Unis, un poste statutaire a 30 ans, c'est jeune, et la regle au moins officielle, du moins de ce que j'en comprends, n'est pas encore aux multiples post docs / tenure.

Apres, ce types d'analyses, enfin du moins de ce qui en parait aux travers du Monde, me parait bien a cote de la plaque.

t.w. a dit…

le monde des procrastineurs à l'air terriblement sur la même longueur d'onde que moi... (ils me font peur des fois à coller à ce point à ma vie) http://www.phdcomics.com/comics.php?n=841