Carnet du petit Tom : Physique, biologie et évolution...

10 juillet 2006

Berlin 2006...

Dernier billet sur la coupe du monde avant de revenir aux choses sérieuses...
La finale d'hier a été grandiose. Sur le plan du jeu comme celui du scénario. Le KO d'Henry au bout de cinq minutes. La panenka de Zidane. Le but italien suivi d'une transversale. La première mi-temps joueuse et italienne. L'archi-domination française au retour des vestiaires. La blessure de Vieira. La blessure de Zidane qui demande à sortir. Zidane qui reste sur la pelouse, le bras ballant, en souffrance mais sous adrénaline. Buffon qui l'empêche pour quelques centimètres de marquer son quatrième but en finale de coupe du monde, qui aurait fait de Zidane le deuxième plus grand joueur de foot de tous les temps, en terme de palmarès et d'influence sur l'équipe. Le même Zidane qui perd la tête et met un coup de boule horrible 5 minutes plus tard à Materazzi le buteur. L'expulsion méritée et les sifflets. Les missiles des Italiens dans la lucarne au moment des tirs aux buts qu'il désiraient et qu'ils avaient manifestement bien préparés. L'échec de Trézéguet, héros de la précédente finale France-Italie... La défaite...


Que dire ? Bravo l'Italie, qui mérite sa coupe, après une demi-finale et une finale au couteau. Mais l'équipe de France était à mon avis la meilleure équipe du tournoi (avec trois matches extraordinaires contre l'Espagne, le Brésil et l'Italie). Sauf qu'on ne peut pas gagner une coupe du monde sans capitaine. Zidane est un vrai personnage de légende (malheureusement pas tout à fait comme on l' attendait). Mystérieux, capable du meilleur comme du pire. Revenu en équipe de France au coeur de l'été après avoir entendu des voix surnaturelles, il a permis aux Bleus de se qualifier et a mené la France jusqu'en finale, réalisant au passage un match extraordinaire contre le Brésil. Sa finale fut incroyable, avec son pénalty en forme de panenka, folie des folies en finale de coupe du monde, quelques passes de génies, une tête pure qui prenait la direction de la lucarne et un coup de sang terrible pour finir sa carrière. Cette transition de la lumière à l'ombre, quel tragique ! Zidane, c'est Achille, surpuissant, dominateur, capable à lui seul de faire tourner le sort, mais tout aussi faible, aveuglé par la jalousie et la colère, à deux doigts de trucider Agamemnon sans l'intervention d'Athéna, revenant finalement après sa retraite en forme de caprice sur le champ de bataille et choisissant une sortie en forme de suicide... Malheureusement, la rusée Athéna était italienne, et Zidane n'est pas un demi-dieu, juste un footballeur, capable de faiblesses et d'actes gravissimes lorsqu'il est mis sous pression et soumis à des violences physiques (épaule détruite par Cannavaro, tacles très appuyés) et verbales (vivement qu'on sache ce qu'a vraiment dit Materazzi !). Le héros tragique de cette coupe du monde était bien Zidane, celui de la guerre de Troie, Achille, et tous deux sont en enfer à l'issue de la lutte.

ZZ a fait la une du New York Times ce matin. Toute l'université ne parle que de ça. De charmantes blagues commencent à circuler, dans une bonne veine bien anti-française : "c'est vrai qu'en France on apprend à mettre des coups de boule à l'école primaire? (sourire narquois de l'interlocuteur) ". Côté américain (type je regarde le soccer une fois tous les quatre ans), la condamnation est sans appel : "what a nasty player". Côté européen/sud-américain, c'est un peu différent. On parle aussi de Materazzi à la sulfureuse réputation (élégamment surnommé le "boucher"). On disserte longuement sur le thème : Zidane est-il pire que Maradona ? On s'effraie de lire certains commentaires sur le web, réduisant Zidane à ses origines et faisant le parallèle avec les émeutes en banlieue. Tout cela est bien triste...

Pour clore la parenthèse footeuse et supportrice des Bleus sur ce blog, je fais mienne la conclusion de ce très bon article des cahiers du football :


"Nous voilà donc avec une bonne vieille envie de chialer qu'on fait mine d'ignorer au fond de soi. On y trouve, un peu mêlé, le plus petit chagrin de la fin d'une belle Coupe du monde. Avant de mieux mesurer le chemin parcouru par ce groupe, il va falloir se laisser imprégner par la déception, en boire le calice jusqu'à la lie, revoir l'image de Thuram en larmes – lui le plus sage, le plus détaché, celui qui ne croyait plus en l'équipe de France... Si lui pleure, rien ne nous en empêche plus."

2 commentaires:

Christophe a dit…

C'est pas un acte gravissime ce qu'il a fait Zidane, il est juste venu se frotter la tete au creux du ventre de Materazzi pour se faire consoler de pas avoir marque de la tete. Evidemment il a fait ca de facon virile comme il se doit dans ce sport.
Tiens d'ailleurs, sur la remarque : "c'est vrai qu'en France on apprend à mettre des coups de boule à l'école primaire?", pourquoi ne pas repondre oui puis enchainer en en donnant un a l'interlocuteur pour lui prouver sa bonne fois. Moi, j'en ai deja donne deux trois depuis quelques jours, c'est la meilleure reaction je pense, ca permet de banaliser le geste de Zidane.

Pour le chagrin, pourquoi ne pas avouer que, moi aussi, j'ai ete au bord des larmes, surtout quand j'ai vu celles de l'infortune Trezeguet. C'est triste cette histoire, voila tout.

La comparaison avec Achille et tout, c'est tout pourri... d'ailleurs les grecs ne se sont meme pas ete qualifies cette fois-ci.

Tom Roud a dit…

Comment ça la comparaison avec Achille est tout e pourrie ? BHL a fait la même !!! (sauf qu'il en est resté au talon)
http://www.sport.fr/Football/foo/Bernard-Henri-Levy-se-lache-sur-le-geste-de-Zidane-65579.shtm

:)

Tiens à propos des Grecs, la Fifa vient de les réintégrer (ils avaient été exclus de toute compétition internationale il y a une dizaine de jours pour avoir voté une loi limitant les salaires des joueurs en club... c'est honteux, quels salauds !).

Sinon, il y a 8 ans jour pour jour, la France remportait sa première coupe du monde... Snif.