Carnet du petit Tom : Physique, biologie et évolution...

18 août 2005

Lecture : Le gai Achille

Comme je vous l'avais dit dans un billet précédent, je suis en train de lire des "Récits inédits de la guerre de Troie". Il s'agit de traductions faites par monsieur Gérard Fry de textes latins - certains eux-même traduits du Grec. L'oeuvre majeure traduite s'intitule "Ephéméride de la guerre de Troie" et consiste en une chronique de la guerre, prétendument rédigée par un Grec nommé Dictys, assistant Idoménée qui est un des héros grecs. Les récits sont riches et très bien annotés et commentés. On y trouve une foule d'indications sur l'atmosphère qui régnait au cours de leur rédaction. Par exemple, Dictys donne une chronique de la guerre de Troie cherchant à gommer toute influence divine et relate un conflit essentiellement politique, contrairement à l'Illiade qui décrit des hommes victimes de la puissance divine. Ce qui m'a beaucoup surpris est la façon dont est abordée l'homosexualité d'Achille. Soyons clair, je suis convaincu qu'Achille est amoureux de Patrocle. Ce sujet est très indicatif de l'état d'esprit de l'auteur d'une narration du siège de Troie (cinématographique ou littéraire), et je suis toujours très attentif à la nature de la relation Achille/Patrocle. Le film "Troie" sorti l'année dernière était assez décevant : si Brad Pitt est une icône gay, son Achille n'a d'yeux que pour Briséis. Au contraire, dans son baroque "Illium", Dan Simmons n'hésite pas à nous montrer Achille et Patrocle tendrement enlacés. L'Illiade d'origine ne m'a pas semblé très explicite de ce point de vue, j'étais donc relativement déçu. Rétrospectivement, j'avais peut-être tort : à la suite de mes nouvelles lectures, je me rends compte qu'en fait, les auteurs classiques, Homère compris, étaient beaucoup plus subtils que je ne le pensais et savaient distiller de petits indices que tout le monde comprenait à l'époque. Ainsi, dans l'Illiade, Hector tue Patrocle d'un coup d'épée dans le bas ventre. Gérard Fry, dans ses notes, nous apprend que l'éphéméride latine emploie les mots "loca corporis pudibunda", ce qui signifie en clair les parties génitales. D'après lui, par cette blessure, Hector, en "bon père de famille", voudrait, je cite, infliger un "outrage" au "mignon" de son ennemi. Il pourrait s'agir d'une surinterprétation du texte d'Homère, mais apparemment, l'amour Achille/Patrocle était de notoriété publique il y a deux mille ans, voire au moment même de la guerre de Troie !

3 commentaires:

Nicole a dit…

Brad Pitt, Icone gay ! Alors là on m'apprend quelque chose ! Pour moi il incarne assez ce qui ce fait de mieux d'un point de vue esthétique et masculin pour une femme, foi de blonde ! Cela dit, je comprends que la vue de son postérieur (cf le film Troy) puisse donner des idées au delà de la seule gente féminine, mais tout de même ! Ce n'est pas parce que c'est une fashion victim, que c'est une icône gay, ça non !
Ah, Brad Pitt nu sur des peaux d'animaux sauvages...

Anonyme a dit…

coucou !!

Je suis Gérard Fry... et je puis vous assurer que l'homosexualité - ou plutôt la bissexualité - d'Achille n'était un secret pour personne dans l'antiquité...

Tom Roud a dit…

Merci pour cette information ! Dommage toutefois que cela ait échappé à la culture de masse- honnêtement, même si je m'en doutais, je n'avais jamais rien lu/vu d'explicite là-dessus.
En tous cas, merci pour votre traduction et vos notes, j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ces récits.